Oubliez tout. Ne croyez que les poils qui se dressent sur vos bras. Le frisson qui parcourt votre échine. La vue qui se brouille. Rien ne peut vous préparer à ça.

La Grande Ville dépasse l’imagination. Elle est au delà de ce que les mots peinent à décrire. Ville des dieux, jardin de pierres célestes immergé dans un océan de jungle.

Je ne me doutais pas de ce monde gris, brique et émeraude, de ces temples au sein de l’eau, ceints par l’eau, saints des saints naufragés d’une mer de feuilles, rescapés du bain de sang khmer rouge.

Il n’y a rien à dire. Il convient juste de répondre au sourire des grands visages de grés par un autre sourire, pour se sentir vide et lumineux.

Et se repaître de ce petit bracelet de laine passé autour de mon poignet par une dame, alors que nous nous abritions de la pluie dans une chapelle du Bayon. En guise de bienvenue. Pour nous souhaiter bonne chance. Parce que nous lui avons souri, à défaut de savoir les mots.

Le sourire est un langage universel si ancien que j’ai parfois l’impression que nous l’avons oublié.

Fallait-il venir à Angkor pour que la mémoire me revienne ?